Le diesel est bien cancérogène

Le centre international de recherche sur le cancer(CIRC/IARC), l’agence pour le cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS), vient de classer les gaz d’échappement des moteurs diesel parmi les cancérogènes certains. Cette modification entérine le fait que ces produits augmentent le risque de cancer du poumon.

Les gaz d'échappement de moteurs diesel classés comme cancérogènes par l'Organisation Mondiale de la Santé

Les gaz d’échappement de moteurs diesel classés comme cancérogènes par l’OMSEn 1988, le CIRC, basée à Lyon (France), avait classé les émissions des moteurs diesel parmi les cancérogènes probables pour l’homme (groupe 2A). Mais à l’issue d’une réunion de travail qui s’est achevée mardi, les experts réunis à Lyon ont estimé qu’il y avait à présent suffisamment de preuves montrant qu’une exposition aux gaz d’échappements de moteurs diesel est associée à un risque accru de cancer du poumon, pour classer ces gaz dans le groupe des cancérogènes certains pour les humains (Groupe 1)1.Cette décision n’est pas le résultat d’une nouvelle étude mais plutôt une revue de toutes les publications parues sur le sujet. Deux études de vaste ampleur2,3 publiées en mars 2012 avaient souligné l’impact de ces gaz sur la survenue du cancer du poumon. Elles ont logiquement amené le CIRC à revoir à la hausse la dangerosité de ces gaz.Vers la fin du diesel ?Le parc automobile français, qui compte actuellement un plus de 30 millions de voitures particulières neuves, se compose à environ 50 % de véhicules équipés d’une motorisation diesel, gros pourvoyeurs de particules fines. Les résultats du projet européen Aphekom4 

confirmaient les effets de ces polluants en 2011. Les évaluations de l’impact sanitaire dans 25 grandes villes européennes montraient que l’espérance de vie pourrait augmenter de 22 mois supplémentaires pour les personnes âgées de 30 ans et plus (en fonction de la ville et du niveau moyen de pollution), si les niveaux moyens annuels de particules fines PM 2,5 étaient ramenés au seuil de 10 microgrammes par mètre-cube, valeur guide préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le gain moyen en espérance de vie serait ainsi de 7,5 mois pour Marseille ; 5,8 mois pour Lille et Paris ; 5,7 mois pour Lyon et Strasbourg…Malgré ces données, les taux annuels moyens de ces particules sont le plus souvent au-dessus des seuils recommandés par le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP), qui recommande de ne pas dépasser 15 microgrammes par mètre cube5.Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, “La pollution atmosphérique en milieu urbain serait responsable d’1,3 million de décès dans le monde par an“. Alors que les preuves s’accumulent, les solutions tardent à venir…David Bême1 – IARC: DIESEL ENGINE EXHAUST CARCINOGENIC – Press release 213 – 12 juin 20122 – The diesel exhaust in miners study: a nested case-control study of lung cancer and diesel exhaust. -Silverman DT et al – J Natl Cancer Inst. 2012 Jun 6;104(11):855-68. Epub 2012 Mar 5. (

étude accessible en ligne)3 – The diesel exhaust in miners study: a cohort mortality study with emphasis on lung cancer. – Attfield MD et al J Natl Cancer Inst. 2012 Jun 6;104(11):869-83. Epub 2012 Mar 5. (

abstract accessible en ligne)4 – Le projet Aphekom s’est déroulé de juillet 2008 à mars 2011. Le projet Aphekom (Improving Knowledge and Communication for Decision Making on Air Pollution and Health in Europe) met ses résultats et ses outils à disposition des décideurs pour les aider à formuler des politiques locales, nationales et européennes plus efficaces. Il apporte des éléments aux professionnels de santé pour mieux conseiller les personnes vulnérables, ainsi qu’à l’ensemble des citoyens afin qu’ils puissent mieux protéger leur santé.5 – Pollution par les particules dans l’air ambiant – Recommandations pour protéger la santé – avril 2012 (

rapport accessible en ligne)Click Here: All Blacks Rugby Jersey

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